
La Peugeot 305 n’a jamais figuré au catalogue officiel en version cabriolet. Pourtant, quelques exemplaires décapotés circulent encore, fruits de transformations artisanales réalisées dans les années 1980. Comparer ces 305 ouvertes aux cabriolets français de la même époque permet de mesurer ce qui rend ce modèle si singulier, et ce qui complique aujourd’hui son acquisition ou sa légalisation.
Peugeot 305 cabriolet face aux cabriolets français des années 1980
Aucune fiche technique officielle n’existe pour une 305 décapotable sortie d’usine. Les quelques exemplaires connus résultent de découpes de toit et de renforts de caisse réalisés par des carrossiers indépendants. Pour situer ces véhicules, un comparatif avec les cabriolets français produits en série à la même période éclaire les écarts.
A découvrir également : Actualités et tendances : ne manquez pas les infos incontournables du moment
| Modèle | Production | Motorisation | Type de fabrication |
|---|---|---|---|
| Peugeot 305 « cabriolet » | Artisanale (quelques unités) | 4 cylindres essence | Transformation sur base berline |
| Peugeot 504 Cabriolet | Série (Pininfarina) | 4 cylindres essence / V6 | Usine, carrosserie Pininfarina |
| Renault Fuego cabriolet (projet) | Prototype non commercialisé | 4 cylindres essence | Étude de style |
| Citroën Visa décapotable | Très limitée (préparateurs) | 4 cylindres essence | Transformation artisanale |
La 504 Cabriolet, dessinée et assemblée par Pininfarina, bénéficiait d’une structure conçue dès l’origine pour rouler sans toit. La 305 décapotable n’a jamais eu cet avantage structurel. Sa rigidité repose entièrement sur le travail du carrossier qui a découpé le pavillon et soudé des renforts dans les longerons et les bas de caisse.
Parmi les passionnés qui documentent la 305 décapotable de Peugeot, on retrouve souvent les mêmes constats : rareté extrême des exemplaires, absence de pièces spécifiques au cabriolet et difficulté à retracer l’historique des modifications.
A lire en complément : Les dernières actualités web et digitales en Bretagne à ne pas manquer

Homologation et carte grise collection : les contraintes réglementaires en 2026
Posséder une 305 transformée en cabriolet soulève un problème que les amateurs de berlines ou de breaks 305 ne rencontrent pas. La découpe du toit constitue une modification substantielle de la carrosserie. En France, toute modification de ce type nécessite un dossier technique complet et des essais de conformité pour obtenir une réception à titre isolé (RTI).
Le processus est lourd. Il faut fournir des calculs de rigidité, prouver que le véhicule respecte les normes de sécurité en vigueur et passer par un service de la DREAL. Pour un véhicule transformé il y a quarante ans sans documentation technique, réunir ces éléments relève souvent du parcours impossible.
Carte grise collection et caractéristiques d’origine
La mention « véhicule de collection » sur la carte grise impose trois conditions cumulatives :
- Le véhicule doit avoir plus de 30 ans, ce que toute 305 remplit largement puisque la production s’est arrêtée en 1990.
- Le modèle ne doit plus être produit, condition également satisfaite.
- Les caractéristiques techniques doivent rester inchangées par rapport au modèle d’origine (mécanique, carrosserie, structure).
C’est sur ce troisième point que la 305 cabriolet coince. Un toit découpé et des renforts soudés ne correspondent plus aux caractéristiques de la berline ou du break d’origine. L’attestation FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque), nécessaire pour obtenir la carte grise collection, peut être refusée si le véhicule présente des modifications trop importantes.
En revanche, une 305 berline ou break dans son état d’origine ne pose aucune difficulté administrative. L’écart entre les deux situations est radical pour un acheteur potentiel.
Marché de la Peugeot 305 : cote et rareté du cabriolet artisanal
Sur le marché des youngtimers et des voitures de collection, la 305 reste globalement abordable. Les berlines et breaks en bon état se négocient à des prix modestes comparés à d’autres Peugeot anciennes comme la 504 Cabriolet, dont la cote a fortement progressé ces dernières années.

Pour les versions décapotées artisanales, la rareté ne garantit pas une cote élevée. L’absence d’homologation claire, le doute sur la qualité des transformations et le manque de documentation freinent les acheteurs avertis. Un collectionneur prêt à investir dans une restauration complète pourrait s’y intéresser, mais il doit intégrer le coût du dossier RTI, des travaux de mise en conformité et de la recherche de pièces.
Points de vigilance avant l’achat d’une 305 décapotable
Quelques vérifications distinguent un achat raisonné d’un pari risqué :
- L’état des renforts de caisse : des soudures visibles de mauvaise qualité signalent un travail bâclé qui compromet la rigidité.
- La traçabilité de la transformation : un carrossier identifié, des factures ou des photos d’époque apportent un minimum de garantie.
- La situation administrative : vérifier si le véhicule dispose d’une carte grise en règle mentionnant le type de carrosserie réel. Une carte grise « berline » pour un cabriolet pose un problème lors du contrôle technique.
- L’état du moteur 4 cylindres essence : les blocs de la 305 sont robustes, mais quarante ans de vieillissement imposent un diagnostic sérieux (joints, circuit de refroidissement, allumage).
Pourquoi la 305 décapotable reste un objet de collection à part
Peugeot n’a jamais commercialisé de 305 cabriolet, et les prototypes de carrosseries alternatives (fastback, coupé) documentés par L’Argus n’ont jamais dépassé le stade du studio de design. Les 305 décapotées qui existent sont donc des pièces uniques, chacune différente selon le carrossier qui l’a réalisée.
Cette unicité attire un profil de collectionneur bien particulier : celui qui cherche l’objet introuvable plutôt que la valeur marchande. La 305 cabriolet n’est pas un placement financier mais un projet de passion.
Le modèle 305 dans son ensemble souffre d’un déficit de visibilité face à la 205 GTI ou à la 504 Cabriolet. Les berlines et breaks se trouvent encore à des tarifs accessibles, ce qui facilite l’entrée dans l’univers Peugeot ancien. La version décapotable, elle, demande davantage de patience, de budget administratif et de tolérance au risque technique. C’est précisément ce qui la rend mémorable pour ceux qui la possèdent.